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DE BIEN BELLES HISTOIRES POUR PETITS ET GRANDS

Posté par eurekasophie le 31 décembre 2009

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La bague magique

Un homme et une femme possédaient une bague en or, une bague magique : qui la portait ne manquait de rien.
Or, ils ne le savaient pas et vendirent la bague pour presque rien. À peine leur bague vendue, la misère entra dans la maison. Bientôt, ils n’eurent plus assez à manger. Ils avaient un chien et un chat qui devaient partager leur triste sort. Ces animaux discutèrent comment faire pour que leurs maîtres retrouvent le bonheur. Le chien trouva la solution :
- Il faut reprendre la bague.
- Elle est enfermée dans une armoire où nous ne pouvons pas pénétrer, répliqua le chat- Attrape une souris, avisa le chien. En rongeant, elle percera un trou dans l’armoire et reprendra la bague. Dis-lui que si elle n’obéit pas, tu la tueras, Ainsi elle le fera bien. Le chat était d’accord. Il attrapa une souris et partit avec elle vers la maison où se trouvait l’armoire contenant le bijou. Le chien les suivit. Ils devaient franchir un fleuve. Comme le chat ne savait pas nager, le chien le prit sur son dos et traversa l’eau à la nage. Le chat porta la souris dans la maison, la souris perça un trou dans l’armoire et en sortit la bague. Le chat prit la bague dans sa gueule et revint au fleuve où le chien l’attendait pour le reprendre sur son dos. Ils prirent le chemin du retour pour rapporter la bague magique à leurs maîtres. Mais le chien ne pouvait comme le chat sauter par-dessus le toit et quand il y avait une maison, il devait la contourner. Le chat, qui était donc plus rapide, arriva bien avant lui pour apporter la bague à leurs maîtres. L’homme dit à sa femme :

- Le chat est une bonne bête. Nous le nourrirons et le soignerons comme si c’était notre enfant.

Quand le chien arriva enfin, ils le grondèrent et le battirent, parce qu’il n’avait pas, dirent-ils, aidé le chat à retrouver la bague. Et le chat ronronnait et ne disait rien. Alors, le chien se fâcha contre le chat qui l’avait privé de sa récompense et chaque fois qu’il le voyait, il le pourchassait.

Depuis ce jour, chien et chat sont ennemis.     

 

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Le serpent blanc

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La dame blanche demande au batelier de l’emmener.
Elle reconnaît dans le beau jeune homme le petit garçon qui lui avait tant plu quand elle était enfant.
Comme il pleut, il lui prête un parapluie.

Le jeune homme et la dame blanche ont envie de se revoir et se sentent attirés l’un par l’autre. Le jeune homme s’arrange pour qu’un mariage soit arrangé entre eux.

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Après ils ouvrirent une herboristerie et ils donnaient les médicaments aux gens trop pauvres.

La dame blanche était enceinte. Donc pendant le festival du dragon, elle restait chez elle. Son mari lui donna du vin de realgar, une herbe qui a le pouvoir de chasser les esprits. Elle et son mari étaient en fait des esprits.
Elle tomba malade. Il la mit au lit et quand il écarta les tentures pour voir comment elle allait il ne vit plus qu’un serpent blanc. Il en mourut aussitôt.

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Au bout d’un certain temps le pouvoir de l’herbe diminua et la dame blanche redevint une femme. Elle était desespéré de voir son mari mort mais elle savait où trouver une herbe qui le rescuciterait. Elle se précipita pour voler l’herbe magique. Mais l’herbe était bien gardée et elle n’arrivait pas à la voler. Mais un dieu eut pitié d’elle et l’autorisa à la prendre.
Lady White lui fit prendre l’herbe et il resucita mais il était toujours traumatisé par le serpent. Elle inventa que le serpent était en fait un dragon descendu du ciel et que c’était un bon présage.
Il la crut.

Les images sont des images Yangliuqing

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UNE BIEN BELLE HISTOIRE

Posté par eurekasophie le 20 août 2009

 

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Lorsque j’étais très jeune, mon père a eu l’un des premiers téléphones dans notre voisinage. Je me rappelle très bien la vieille boîte en bois, bien polie fixée au mur et le petit récepteur noir, bien lustré, accroché sur son côté.

J’étais trop petit pour atteindre le téléphone, mais j’étais habitué à écouter avec fascination ma mère lui parler. J’ai, par la suite, découvert que quelque part, dans ce merveilleux appareil, vivait une personne fantastique… Son nom était “Renseignement SVP” et il n’y avait rien qu’elle ne savait pas. Renseignement SVP pouvait fournir le numéro de n’importe qui en plus de l’heure exacte.

Ma première expérience personnelle avec ce génie dans une bouteille s’est produite un jour où ma mère était partie chez une voisine. Je m’amusais au sous-sol, et je me suis donné un violent coup de marteau sur un doigt. La douleur était terrible, mais il ne semblait pas y avoir de raisons pour que je crie. J’étais seul et personne ne pourrait m’entendre et me réconforter.

Je faisais les cent pas autour de la maison, en suçant mon doigt pour finalement arriver devant l’escalier. Le téléphone !!! Rapidement, j’ai couru chercher le petit tabouret dans la cuisine et je l’ai traîné jusque devant le téléphone. Je suis monté dessus, j’ai décroché le combiné et l’ai placé contre mon oreille.
- Renseignement SVP, dis-je dans le microphone, juste au-dessus de ma tête. Un click ou deux… et j’entends une petite voix claire me dire :


- Renseignement.

Je dis alors :
- Je me suis fait mal au doigt.


- Est-ce que tu saignes ? m’a demandé la voix.

Je lui réponds :
- Non, je me suis frappé le doigt avec un marteau et ça fait très mal

Elle me demande alors :

- Peux-tu ouvrir la boîte à glace ?
Je lui répondis que oui je pouvais.


- Alors, prends un petit morceau de glace et pose le sur ton doigt, me dit-elle.

Après cette expérience, j’ai appelé Renseignement SVP pour n’importe quoi. Je lui ai demandé de l’aide pour ma géographie et elle m’a dit où se trouvait Montréal. Elle m’a aidé aussi avec mes mathématiques. Elle m’a dit que le petit écureuil, que j’avais trouvé dans le parc, la journée précédente, devait manger des fruits et des noix.

Un peu plus tard, mon petit canari est mort. J’ai donc appelé Renseignement SVP et lui ai raconté ma triste histoire. Elle m’a écouté attentivement et m’a dit les choses usuelles qu’un adulte dit pour consoler un enfant, mais j’étais inconsolable.

Alors, je lui ai demandé, la gorge serrée :
- Pourquoi les oiseaux chantent si merveilleusement et procurent tellement de joie aux familles, seulement pour finir comme un tas de plumes dans le fond d’une cage ?


Elle a probablement ressenti mon profond désarroi et m’a dit alors, d’une voix si calme :

- Paul, rappelle-toi toujours qu’il existe d’autres mondes où l’on peut chanter.


D’une certaine façon, je me sentais mieux.

Une autre fois, j’utilisais le téléphone :


- Renseignement SVP.

- Renseignements, me répondait la voix, maintenant devenue si familière. Je lui demande alors :


- Comment épelez-vous le mot réparation ?

Tout ça se passait dans la ville de Québec. Alors que j’avais 9 ans, nous avons déménagé à l’autre bout de la province, à Baie-Comeau. Je m’ennuyais terriblement de mon amie. Renseignement SVP appartenait à cette vieille boîte en bois de notre maison familiale, et, curieusement, je n’ai jamais songé à utiliser le nouvel appareil téléphonique étincelant, posé sur une table, dans le corridor, près de l’entrée.

Alors que je me dirigeais vers l’adolescence, les souvenirs de ces conversations de mon enfance ne m’ont jamais quitté. Souvent, lors des moments de doute et de difficultés, je me rappelais ce doux sentiment de sécurité que j’avais à cette époque. J’appréciais maintenant la patience, la compréhension et la gentillesse qu’elle a eus à consacrer de son temps pour un petit garçon.

Quelques années plus tard, alors que je me dirigeais au Collège, à Montréal, mon avion devait faire une escale à Québec. J’avais donc près d’une demi-heure entre le transfert d’avion. J’ai donc passé 15 minutes au téléphone avec mon frère, qui vit toujours à Québec.

Ensuite, sans penser vraiment à ce que je faisais, j’ai composé le “0″ et dit :


- Renseignement SVP. Miraculeusement, j’entendis alors cette même petite voix claire que je connaissait si bien :
- Renseignement.

Je n’avais rien prévu de tout ça, mais je m’entendis lui dire :


- Pouvez-vous m’aider à épeler le mot réparation ?
Il y a eu un long moment de silence. Ensuite, j’entendis une voix si douce me répondre :


- Je suppose que ton doigt doit être guéri maintenant.

Je me mis à rire et lui dit :
- C’est donc toujours vous ! Je me demande si vous avez la moindre idée comme vous étiez importante pour moi pendant toutes ces années.


- Je me demande, dit-elle, si tu sais combien tes appels étaient importants pour moi. Je n’ai jamais eu d’enfant et j’étais toujours impatiente de recevoir tes appels.

Je lui ai dit comment, si souvent, j’ai pensé à elle au cours de ces dernières années et je lui ai demandé si je pourrais la rappeler, lorsque je reviendrais visiter mon frère :


- Je t’en prie, tu n’auras qu’à demander Sally, me répondit-elle.

Trois mois plus tard, alors que j’étais de nouveau à Québec, une voix différente me répondit :
- Renseignement. J’ai donc demandé à parler à Sally.


- Êtes-vous un ami ? me demanda la voix inconnue. Je lui répondis :


- Oui, un vieil ami. J’entendis alors la voix me dire :
- Je suis désolée d’avoir à vous dire ça, Sally ne travaillait plus qu’à temps partiel ces dernières années parce qu’elle était très malade. Elle est morte il y a cinq semaines déjà.

Avant même que je n’ai le temps de raccrocher, elle me dit :


- Attendez une minute. M’avez-vous dit que votre nom était Paul ? Je répondis :
- Oui.

- Et bien, Sally a laissé un message pour vous. Elle l’a écrit, au cas où vous appelleriez. Laissez-moi vous le lire… Ce message disait :

- Dites-lui que je crois toujours qu’il y a d’autres mondes où l’on peut chanter. Il saura ce que je veux dire…
Je lui dis donc merci et raccrochai.

Et oui, je savais ce que Sally voulait dire…

Ne sous-estimez jamais l’influence que vous pouvez avoir sur les autres. La vie de qui avez-vous touché aujourd’hui ?

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Le conte du genévrier

Posté par eurekasophie le 24 mars 2009

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Le conte du genévrier

Conte de Grimm

Il y a de cela bien longtemps, au moins deux mille ans, vivait un homme riche qui avait une femme de grande beauté, honnête et pieuse ; ils s’aimaient tous les deux d’un grand amour, mais ils n’avaient pas d’enfant et ils en désiraient tellement, et la femme priait beaucoup, beaucoup, nuit et jour pour avoir un enfant ; mais elle n’arrivait pas, non, elle n’arrivait pas à en avoir.
Devant leur maison s’ouvrait une cour où se dressait un beau genévrier, et une fois, en hiver, la femme était sous le genévrier et se pelait une pomme ; son couteau glissa et elle se coupa le doigt assez profondément pour que le sang fît quelques taches dans la neige. La femme regarda le sang devant elle, dans la neige, et soupira très fort en se disant, dans sa tristesse : « Oh ! si j’avais un enfant, si seulement j’avais un enfant vermeil comme le sang et blanc comme la neige ! » Dès qu’elle eut dit ces mots, elle se sentit soudain toute légère et toute gaie avec le sentiment que son vœu serait réalisé. Elle rentra dans la maison et un mois passa : la neige disparut ; un deuxième mois, et tout avait reverdi ; un troisième mois, et la terre se couvrit de fleurs ; un quatrième mois, et dans la forêt, les arbres étaient tout épais et leurs branches vertes s’entrecroisaient sans presque laisser de jour : les oiseaux chantaient en foule et tout le bois retentissait de leur chant, les arbres perdaient leurs fleurs qui tombaient sur le sol ; le cinquième mois passé, elle était un jour sous le genévrier et cela sentait si bon que son cœur déborda de joie et qu’elle en tomba à genoux, tant elle se sentait heureuse ; puis le sixième mois s’écoula, et les fruits se gonflèrent, gros et forts, et la femme devint toute silencieuse ; le septième mois passé, elle cueillit les baies du genévrier et les mangea toutes avec avidité, et elle devint triste et malade ; au bout du huitième mois, elle appela son mari et lui dit en pleurant : « Quand je mourrai, enterre-moi sous le genévrier. » Elle en éprouva une immense consolation, se sentit à nouveau pleine de confiance et heureuse jusqu’à la fin du neuvième mois. Alors elle mit au monde un garçon blanc comme la neige et vermeil comme le sang, et lorsqu’elle le vit, elle en fut tellement heureuse qu’elle en mourut.
Son mari l’enterra alors sous le genévrier et la pleura tant et tant : il ne faisait que la pleurer tout le temps. Mais un jour vint qu’il commença à la pleurer moins fort et moins souvent, puis il ne la pleura plus que quelquefois de temps à autre ; puis il cessa de la pleurer tout à fait. Un peu de temps passa encore, maintenant qu’il ne la pleurait plus, et ensuite il prit une autre femme.
De cette seconde épouse, il eut une fille ; et c’était un garçon qu’il avait de sa première femme : un garçon vermeil comme le sang et blanc comme la neige. La mère, chaque fois qu’elle regardait sa fille, l’aimait beaucoup, beaucoup ; mais si elle regardait le petit garçon, cela lui écorchait le cœur de le voir ; il lui semblait qu’il empêchait tout, qu’il était toujours là en travers, qu’elle l’avait dans les jambes continuellement ; et elle se demandait comment faire pour que toute la fortune revînt à sa fille, elle y réfléchissait, poussée par le Malin, et elle se prit à détester le petit garçon qu’elle n’arrêtait pas de chasser d’un coin à l’autre, le frappant ici, le pinçant là, le maltraitant sans cesse, de telle sorte que le pauvre petit ne vivait plus que dans la crainte. Quand il revenait de l’école, il n’avait plus un instant de tranquillité.
Un jour, la femme était dans la chambre du haut et la petite fille monta la rejoindre en lui disant :
- Mère, donne-moi une pomme !
- Oui, mon enfant ! lui dit sa mère, en lui choisissant dans le bahut la plus belle pomme qu’elle put trouver. Ce bahut, où l’on mettait les pommes, avait un couvercle épais et pesant muni d’une serrure tranchante, en fer.
- Mère, dit la petite fille, est-ce que mon frère n’en aura pas une aussi ?
La femme en fut agacée, mais elle répondit quand même :
- Bien sûr, quand il rentrera de l’école.
Mais quand elle le vit qui revenait, en regardant par la fenêtre, ce fut vraiment comme si le Malin l’avait possédée : elle reprit la pomme qu’elle avait donnée à sa fille, en lui disant : « Tu ne dois pas l’avoir avant ton frère. » Et elle la remit dans le bahut, dont elle referma le pesant couvercle.
Et lorsque le petit garçon fut arrivé en haut, le Malin lui inspira son accueil aimable et ses paroles gentilles : « Veux-tu une pomme, mon fils ? » Mais ses regards démentaient ses paroles car elle fixait sur lui des yeux féroces, si féroces que le petit garçon lui dit :
- Mère, tu as l’air si terrible : tu me fais peur. Oui, je voudrais bien une pomme.
Sentant qu’il lui fallait insister, elle lui dit :
- Viens avec moi ! et, l’amenant devant le gros bahut, elle ouvrit le pesant couvercle et lui dit : Tiens! prends toi-même la pomme que tu voudras !
Le petit garçon se pencha pour prendre la pomme, et alors le Diable la poussa et boum ! elle rabattit le lourd couvercle avec une telle force que la tête de l’enfant fut coupée et roula au milieu des pommes rouges.
Alors elle fut prise de terreur (mais alors seulement) et pensa : « Ah ! si je pouvais éloigner de moi ce que j’ai fait ! » Elle courut dans une autre pièce, ouvrit une commode pour y prendre un foulard blanc, puis elle revint au coffre, replaça la tête sur son cou, la serra dans le foulard pour qu’on ne puisse rien voir et assit le garçon sur une chaise, devant la porte, avec une pomme dans la main.
La petite Marlène, sa fille, vint la retrouver dans la cuisine et lui dit, tout en tournant une cuillère dans une casserole qu’elle tenait sur le feu :
- Oh ! mère, mon frère est assis devant la porte et il est tout blanc ; il tient une pomme dans sa main, et quand je lui ai demandé s’il voulait me la donner, il ne m’a pas répondu. J’ai peur !
- Retournes-y, dit la mère, et s’il ne te répond pas, flanque-lui une bonne claque !
La petite Marlène courut à la porte et demanda : « Frère, donne-moi la pomme, tu veux ? » Mais il resta muet et elle lui donna une gifle bien sentie, en y mettant toutes ses petites forces. La tête roula par terre et la fillette eut tellement peur qu’elle se mit à hurler en pleurant, et elle courut, toute terrifiée, vers sa mère :
- Oh ! mère, j’ai arraché la tête de mon frère !
Elle sanglotait, sanglotait à n’en plus finir, la pauvre petite Marlène. Elle en était inconsolable.
- Marlène, ma petite fille, qu’as-tu fait ? dit la mère. Quel malheur ! Mais à présent tiens-toi tranquille et ne dis rien, que personne ne le sache, puisqu’il est trop tard pour y changer quelque chose et qu’on n’y peut rien. Nous allons le faire cuire en ragoût, à la sauce brune.
La mère alla chercher le corps du garçonnet et le coupa en menus morceaux pour le mettre à la sauce brune et le faire cuire en ragoût. Mais la petite Marlène ne voulait pas s’éloigner et pleurait, pleurait et pleurait, et ses larmes tombaient dans la marmite, tellement qu’il ne fallut pas y mettre de sel.
Le père rentra à la maison pour manger, se mit à table et demanda : « Où est mon fils ? » La mère vint poser sur la table une pleine marmite de ragoût à la sauce brune et petite Marlène pleurait sans pouvoir s’en empêcher. Une seconde fois, le père demanda « Mais où est donc mon fils ?
- Oh ! dit la mère, il est allé à la campagne chez sa grand-tante ; il y restera quelques jours.
- Mais que va-t-il faire là-bas ? demanda le père et il est parti sans seulement me dire au revoir !
- Il avait tellement envie d’y aller, répondit la femme ; il m’a demandé s’il pouvait y rester six semaines et je le lui ai permis. Il sera bien là-bas.
- Je me sens tout attristé, dit le père ; ce n’est pas bien qu’il soit parti sans rien me dire. Il aurait pu quand même me dire adieu ! »
Tout en parlant de la sorte, le père s’était mis à manger ; mais il se tourna vers l’enfant qui pleurait et lui demanda :
- Marlène, mon petit, pourquoi pleures-tu ? Ton frère va revenir bientôt. Puis il se tourna vers sa femme : « 0 femme, lui dit-il, quel bon plat tu as fait là ! Sers-m’en encore. »
Elle le resservit, mais plus il en mangeait, et plus il en voulait.
- Donne-m’en, donne-m’en plus, je ne veux en laisser pour personne : il me semble que tout est à moi et doit me revenir.
Et il mangea, mangea jusqu’à ce qu’il ne restât plus rien, suçant tous les petits os, qu’il jetait à mesure sous la table. Mais la petite Marlène se leva et alla chercher dans le tiroir du bas de sa commode le plus joli foulard qu’elle avait, un beau foulard de soie, puis, quand son père eut quitté la table, elle revint ramasser tous les os et les osselets, qu’elle noua dans son foulard de soie pour les emporter dehors en pleurant à gros sanglots. Elle alla et déposa son petit fardeau dans le gazon, sous le genévrier ; et quand elle l’eut mis là, soudain son coeur se sentit tout léger et elle ne pleura plus. Le genévrier se mit à bouger, écartant ses branches et les resserrant ensemble, puis les ouvrant de nouveau et les refermant comme quelqu’un qui manifeste sa joie à grands gestes des mains. Puis il y eut soudain comme un brouillard qui descendit de l’arbre jusqu’au sol, et au milieu de ce brouillard c’était comme du feu, et de ce feu sortit un oiseau splendide qui s’envola très haut dans les airs en chantant merveilleusement. Lorsque l’oiseau eut disparu dans le ciel, le genévrier redevint comme avant, mais le foulard avec les ossements n’était plus là. La petite Marlène se sentit alors toute légère et heureuse, comme si son frère était vivant ; alors elle rentra toute joyeuse à la maison, se mit à table et mangea.
L’oiseau qui s’était envolé si haut redescendit se poser sur la maison d’un orfèvre, et là il se mit à chanter :

Ma mère m’a tué ;
Mon père m’a mangé ;
Ma sœurette Marlène
A pris bien de la peine
Pour recueillir mes os jetés
Dessous la table, et les nouer
Dans son foulard de soie
Qu’elle a porté sous le genévrier.
Kywitt, kywitt, bel oiseau que je suis !

L’orfèvre était à son travail, dans son atelier, occupé à fabriquer une chaînette d’or ; mais lorsqu’il entendit l’oiseau qui chantait sur son toit, cela lui parut si beau, si beau qu’il se leva précipitamment, perdit une pantoufle sur son seuil et courut ainsi jusqu’au milieu de la rue, un pied chaussé, l’autre en chaussette, son grand tablier devant lui, tenant encore dans sa main droite ses pinces à sertir, et dans la gauche la chaînette d’or ; et le soleil brillait clair dans la rue. Alors il resta là et regarda le bel oiseau auquel il dit :
- Oiseau, que tu sais bien chanter ! Comme c’est beau ! Chante-le-moi encore une fois, ton morceau!
- Non, dit l’oiseau, je ne chante pas deux fois pour rien. Donne-moi la chaînette d’or, et je le chanterai encore.
- Tiens, prends la chaînette d’or, elle est à toi, dit l’orfèvre, et maintenant chante-moi encore une fois ton beau chant.
L’oiseau vint prendre la chaînette d’or avec sa patte droite, se mit en face de l’orfèvre et chanta :

Ma mère m’a tué ;
Mon père m’a mangé ;
Ma soeurette Marlène
A pris bien de la peine
Pour recueillir mes os jetés
Dessous la table, et les nouer
Dans son foulard de soie
Qu’elle a porté sous le genévrier.
Kywitt, kywitt, bel oiseau que je suis !

Et aussitôt il s’envola pour aller se poser sur le toit de la maison d’un cordonnier, où il chanta :

Ma mère m’a tué ;
Mon père m’a mangé ;
Ma soeurette Marlène
A pris bien de la peine
Pour recueillir mes os jetés
Dessous la table, et les nouer
Dans son foulard de soie
Qu’elle a porté sous le genévrier.
Kywitt, kywitt, bel oiseau que je suis !

Le cordonnier entendit ce chant et courut en bras de chemise devant sa porte pour regarder sur son toit, et il dut mettre la main devant ses yeux pour ne pas être aveuglé par le soleil qui brillait si fort.
- Oiseau, lui dit-il, comme tu sais bien chanter !
Il repassa sa porte et rentra chez lui pour appeler sa femme. « Femme, lui cria-t-il, viens voir un peu dehors : il y a un oiseau, regarde-le, cet oiseau qui sait si bien chanter ! » Il appela aussi sa fille et les autres enfants, et encore ses commis et la servante et le valet, qui vinrent tous dans la rue et regardèrent le bel oiseau qui chantait si bien et qui était si beau, avec des plumes rouges et vertes, et du jaune autour de son cou : on aurait dit de l’or pur ; et ses yeux scintillants on aurait dit qu’il avait deux étoiles dans sa tête !
- Oiseau, dit le cordonnier, maintenant chante encore une fois ton morceau.
- Non, dit l’oiseau, je ne chante pas deux fois pour rien ; il faut que tu me fasses un cadeau.
- Femme, dit le cordonnier, monte au grenier : sur l’étagère la plus haute, il y a une paire de chaussures rouges ; apporte-les-moi.
La femme monta et rapporta les chaussures.
- Tiens, c’est pour toi, l’oiseau ! dit le cordonnier. Et maintenant chante encore une fois.
L’oiseau descendit et prit les chaussures avec sa patte gauche, puis il se envola sur le toit où il chanta :

Ma mère m’a tué ;
Mon père m’a mangé ;
Ma soeurette Marlène
A pris bien de la peine
Pour recueillir mes os jetés
Dessous la table, et les nouer
Dans son foulard de soie
Qu’elle a porté sous le genévrier.
Kywitt, kywitt, bel oiseau que je suis !

Et quand il eut chanté, il s’envola, serrant la chaîne d’or dans sa patte droite et les souliers dans sa gauche, et il vola loin, loin, jusqu’à un moulin qui tournait, tac-tac, tac-tac, tac-tac, tac-tac ; et devant la porte du moulin il y avait vingt garçons meuniers qui piquaient une meule au marteau, hic-hac, hic-hac, hic-hac, pendant que tournait le moulin, tac-tac, tac-tac, tac-tac. Alors l’oiseau alla se percher dans un tilleul et commença à chanter :

Ma mère m’a tué.

Un premier s’arrêta et écouta :

Mon père m’a mangé.

Deux autres s’arrêtèrent et écoutèrent :

Ma soeurette Marlène
A pris bien de la peine.

Quatre autres s’arrêtèrent à leur tour :

Pour recueillir mes os jetés
Dessous la table, et les nouer
Dans son foulard de soie.

A présent, ils n’étaient plus que huit à frapper encore :

Qu’elle a porté

Cinq seulement frappaient encore :

sous le genévrier.

Il n’en restait plus qu’un qui frappait du marteau :

Kywitt, kywitt, bel oiseau que je suis !

Le dernier, à son tour, s’est aussi arrêté et il a même encore entendu la fin.
- Oiseau, dit-il, ce que tu chantes bien ! Fais-moi entendre encore une fois ce que tu as chanté, je n’ai pas entendu.
- Non, dit l’oiseau, je ne chante pas deux fois pour rien. Donne-moi la meule et je chanterai encore une fois.
- Tu l’aurais, bien sûr, si elle était à moi tout seul, répondit le garçon meunier.
- S’il chante encore une fois, approuvèrent tous les autres, il est juste qu’il l’ait, et il n’a qu’à la prendre.
L’oiseau descendit de l’arbre et les vingt garçons meuniers, avec des leviers, soulevèrent la lourde meule, ho-hop ! ho-hop ! ho-hop ! ho-hop ! Et l’oiseau passa son cou par le trou du centre, prenant la meule comme un collier avec lequel il s’envola de nouveau sur son arbre pour chanter :

Ma mère m’a tué ;
Mon père m’a mangé ;
Ma soeurette Marlène
A pris bien de la peine
Pour recueillir mes os jetés
Dessous la table, et les nouer
Dans son foulard de soie
Qu’elle a porté sous le genévrier.
Kywitt, kywitt, bel oiseau que je suis !

Dès qu’il eut fini, il déploya ses ailes et s’envola, et il avait la chaînette d’or dans sa serre droite, et la paire de souliers dans sa serre gauche, et la meule était autour de son cou. Et il vola ainsi loin, très loin, jusqu’à la maison de son père.
Le père, la mère et petite Marlène sont là, assis à table. Et le père dit :
- C’est drôle comme je me sens bien, tout rempli de lumière !
- Oh ! pas moi, dit la mère, je me sens accablée comme s’il allait éclater un gros orage.
Petite Marlène est sur sa chaise, qui pleure et qui pleure sans rien dire. L’oiseau donne ses derniers coups d’ailes, et quand il se pose sur le toit de la maison, le père dit :
- Ah ! je me sens vraiment tout joyeux et le soleil est si beau : il me semble que je vais revoir une vieille connaissance.
- Oh ! pas moi, dit la mère, je me sens oppressée et tout apeurée, j’ai les dents qui claquent, et dans mes veines on dirait qu’il y a du feu !
Elle se sent si mal qu’elle déchire son corsage pour essayer de respirer et se donner de l’air. Et la petite Marlène, dans son coin, est là qui pleure, qui pleure, et qui se tient son tablier devant les yeux ; et elle pleure tellement qu’elle a complètement mouillé son assiette. L’oiseau est venu se percher sur le genévrier ; il se met à chanter :

Ma mère m’a tué.

Alors la mère se bouche les oreilles et ferme les yeux pour ne rien voir ni entendre ; mais ses oreilles bourdonnent et elle entend comme un terrible tonnerre dedans, ses yeux la brûlent et elle voit comme des éclairs dedans.

Mon père m’a mangé.

- Oh ! mère, dit le père, dehors il y a un splendide oiseau qui chante merveilleusement, le soleil brille et chauffe magnifiquement, on respire un parfum qui ressemble à de la cannelle.

Ma soeurette Marlène
A pris bien de la peine.

La petite Marlène cache sa tête dans ses genoux et pleure de plus en plus.
- Je sors, dit le père, il faut que je voie cet oiseau de tout près.
- Oh non, n’y va pas ! proteste la mère. Il me semble que toute la maison tremble sur sa base et qu’elle s’effondre dans les flammes !
L’homme alla dehors néanmoins et regarda l’oiseau.

Pour recueillir mes os jetés
Dessous la table, et les nouer
Dans son foulard de soie
Qu’elle a porté sous le genévrier.
Kywitt, kywitt, bel oiseau que je suis !

Aux dernières notes, l’oiseau laissa tomber adroitement la chaîne d’or qui vint juste se mettre autour du cou de l’homme, exactement comme un collier qui lui allait très bien.
- Regardez ! dit l’homme en rentrant, voilà le cadeau que le bel oiseau m’a fait : cette magnifique chaîne d’or. Et voyez comme il est beau !
Mais la femme, dans son angoisse, s’écroula de tout son long dans la pièce et son bonnet lui tomba de la tête. L’oiseau, de nouveau, chantait :

Ma mère m’a tué.

- Ah ! s’écria la femme, si je pouvais être à mille pieds sous terre pour ne pas entendre cela !

Mon père m’a mangé.

La femme retomba sur le dos, blanche comme une morte.

Ma soeurette Marlène

chantait l’oiseau, et la petite Marlène s’exclama : « Je vais sortir aussi et voir quel cadeau l’oiseau me fera!» Elle se leva et sortit.

A pris bien de la peine
Pour recueillir mes os jetés
Dessous la table, et les nouer
Dans son foulard de soie.

Avec ces mots, l’oiseau lui lança les souliers.

Qu’elle a porté sous le genévrier.
Kywitt, kywitt, bel oiseau que je suis !

La petite Marlène sentit que tout devenait lumineux et gai pour elle ; elle enfila les souliers rouges et neufs et se mit à danser et à sauter, tellement elle s’y trouvait bien, rentrant toute heureuse dans la maison.
- Oh ! dit-elle, moi qui me sentais si triste quand je suis venue dehors, et à présent tout est si clair ! C’est vraiment un merveilleux oiseau que celui-là, et il m’a fait cadeau de souliers rouges !
- Que non ! que non ! dit la femme en revenant à elle et en se relevant, et ses cheveux se dressaient sur sa tête comme des langues de feu. Pour moi, c’est comme si le monde entier s’anéantissait : il faut que je sorte aussi, peut-être que je me sentirai moins mal dehors !

Mais aussitôt qu’elle eut franchi la porte, badaboum ! l’oiseau laissa tomber la meule sur sa tête et la lui mit en bouillie. Le père et petite Marlène entendirent le fracas et sortirent pour voir. Mais que virent-ils ? De cet endroit s’élevait une vapeur qui s’enflamma et brûla en montant comme un jet de flammes, et quand ce fut parti, le petit frère était là, qui les prit tous les deux par la main. Et tous trois, pleins de joie, rentrèrent dans la maison, se mirent à table et mangèrent.

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Le Noël de Pierre

Posté par eurekasophie le 19 décembre 2008

jeanne.jpg  Un conte de Jeanne

Le Noël de Pierre

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L’hiver est précoce, cette année. Décembre accroche ses petits cristaux immaculés. A l’orée du bois, une maisonnette, faite de troncs de sapins assemblés, est en partie cachée derrière un mur de neige. Quelques pas tracent un chemin jusqu’à sa porte. Ce soir, c’est la veille de Noël. Pierre a dix ans. Il habite là avec sa petite sœur Lucie et ses parents. Le petit garçon est bien triste depuis que son chien, Bob, a disparu. Toute la famille s’est mise à le chercher, à l’appeler dans les bois environnants, en vain. Qu’est-il devenu ? Il doit être mort, voilà huit jours qu’il n’est pas revenu.
- « Il y a un loup qui rôde dans les environs » a dit le père au dîner.
- « Le froid et la neige le rendent hardi. On l’a aperçu près de la cabane du vieux trappeur ».
Pierre est de plus en plus inquiet pour Bob. Peut-être a-t-il été dévoré par le loup ? Ce soir, la veillée traditionnelle sera triste. Même les gâteaux que sa mère a préparé ne taquinent pas son odorat, ni le fumet s’échappant des marmites. Dans l’âtre, des langues de feu dansent gaîement, lèchent les bûches odorantes et colorent de reflets châtoyants les guirlandes du sapin. Pierre ne les voit pas. Tout est triste en lui et autour de lui. Il pense à Bob. Le repas est prêt et on se met à table. Le vent hurle au dehors. Bob doit avoir bien froid. Mais où peut-il bien être ?

Les pensées de Pierre sont loin de la douceur présente de cette soirée de réveillon. Soudain un bruit se mêle au bruit du vent. C’est le loup qui rôde pense-t-on. L’anxiété de Pierre grandit. Mais qui donc cogne à la porte ? Le père va ouvrir armé de son fusil.
- « Mais, c’est ce bon vieux Thomas, le trappeur ! Vous êtes le bienvenu mon ami, une place vous attend à table ». Une luge qu’il traîne entre avec lui et… oh, stupeur ! Bob est là emmitouflé dans une couverture.

chien.jpg- « Oui », dit le vieux trappeur, « je l’ai trouvé, gisant dans le fond du ravin de Sainte Agnès. Je passais alors qu’une tempête de neige commençait. Il a dû glisser et s’est brisé les pattes arrière. Je l’ai soigné et gardé au chaud toute la semaine. Il va beaucoup mieux maintenant. Dans quelque temps, il n’y paraîtra plus ».
Bob se dégage de la couverture, agite ses pattes avant et lèche sans fin en jappant de joie les mains et le visage de son jeune maître, accouru vers lui. Pierre rit et pleure, serre contre son cœur la grosse tête de Bob.
- « Ah mon Bob, mon Bob, tu es là ! » articule Pierre avec, tour à tour sur son visage une expression d’étonnement, de peine et de joie immense. Son visage maintenant rayonne de bonheur. Il ne pouvait espérer un plus beau cadeau de Noël. Toute la maisonnée se réjouit avec lui. Jamais Pierre n’oubliera cette veillée. Ce fut le plus fabuleux Noël de sa vie !

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CONTE DE Noël

Posté par eurekasophie le 12 décembre 2008

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Le Noël du Père Noël

 

C’était un jour à ne pas mettre un chien dehors.

La neige tombait dru depuis de longues heures. Des flocons s’infiltraient sous la porte et le vent passait par les châssis qui n’étaient plus de première jeunesse.

Le Père Noël boutonna sa chemise jusqu’au dernier bouton en faisant une grimace car avec l’âge, son cou s’était quelque peu ratatiné. Il passa un chaud tricot de laine et ajouta par-dessus un gilet qu’il boutonna également. Il enfila des chaussettes bien épaisses et chaussa ses bottes fourrées. Enfin, il se drapa dans son ample manteau de drap rouge et noua soigneusement son écharpe. Il prit sa paire de gants fourrés et pareillement harnaché, il se regarda dans le miroir accroché dans l’entrée.

- «  Tout le monde dit que je suis gros, pas étonnant avec autant de couches – je ressemble à un oignon  » Au lieu de le faire rire, cette réflexion eut le don de l’agacer un peu plus.
- «  Quelle nuit atroce ! Je serais bien mieux confortablement installé près de ma cheminée et buvant un chocolat chaud fumant …  » Là encore, cette pensée le rembrunit un peu plus et son front se plissa.

Le Père Noël sortit de sa maison. Son renne Ferdinand l’attendait depuis de longues minutes. Il avait les naseaux gelés et ses yeux pleuraient. Le froid était si vif que les patins du traîneau ne voulaient pas se décoller du sol. Après une vérification sommaire de tous les paquets, l’équipage se mit en route.

Bien que de fort méchante humeur, le père Noël entonna son cri «  Oh, oh, oh !  » et les clochettes se mirent à tintinnabuler. Il s’adressa à Ferdinand :
- «  Pourquoi Noël est-il en hiver ? Ce n’est pas un temps pour voyager, il fait si froid, il fait si noir … Eh ! puis, je ne suis plus de première jeunesse. Il faut changer tout ça. Rien que pour toi, tu risques de te rompre le cou à tout moment. Je crois que je n’ai vraiment pas envie de distribuer mes cadeaux cette année.  »

Il avait à peine prononcé cette dernière phrase qu’il arriva à la première maison de sa tournée. Les parois du toit étaient particulièrement abruptes et la glace les avait rendues aussi brillantes qu’un miroir. La cheminée n’était pas très large et Ferdinand se demandait comment le Père Noël allait pouvoir pénétrer à l’intérieur. Timidement, il se hasarda :
- «  Si vous ne descendiez pas cette année Père Noël ?  »
Le Père Noël lui lança un regard très noir.
- «  Mais tu n’y est pas mon pauvre Ferdinand ! Tu ne voudrais pas que je demande que l’on m’ouvre la porte tout de même …  »

Le Père Noël enjamba le rebord et commença à descendre. Il ne put pénétrer que jusqu’à la taille car avec un gilet en plus, le conduit était bien trop étroit pour lui. Il essaya en vain de respirer, de ne pas respirer, de se tirer, de se tordre dans tous les sens … Rien. Il ne bougea pas d’un millimètre. Déjà des braises atteignaient la semelle de ses bottes. Elles se mirent à roussir en dégageant une épaisse fumée qui le fit tousser. Ferdinand s’approcha et poussa tellement fort que le père Noël et ses cadeaux furent propulsés vers le bas tels un boulet de canon. Le Père Noël se retrouva dans le salon couché sur le dos au beau milieu des cadeaux. En bougonnant, il remplit les souliers des enfants de tous les présents qu’ils avaient demandés et remonta avec beaucoup d’effort le long du conduit en se disant que l’an prochain Noël devra véritablement être à un autre moment. Arrivé sur le toit près de Ferdinand, il lui dit :
- » L’an prochain, nous avancerons la fête de Noël  »
Vaguement inquiet, le renne lui demanda entre deux rafales de neige :
- » Ce sera beaucoup plus tôt ?  »
- » En juillet, je pense que ce sera la bonne époque juste au moment où la nuit est si douce, si lumineuse…  »

Les mois passèrent bien vite et le mois de juillet pointa son nez. Le Père Noël plus affairé que d’ordinaire ne vit pas les jours passer. Le Père Noël avait fait en six mois le travail qu’il effectue d’ordinaire en une année entière et il n’avait pas pris beaucoup de repos.

Le soir du 24 juillet, il demanda à Ferdinand de sortir le chariot à roues. Il ne pouvait pas utiliser son traîneau puisqu’il n’y avait pas de neige… Il rentra pour se préparer. Tout d’abord, il entreprit de se raser. La barbe, c’est bien l’hiver pour avoir chaud mais l’été, rien de tel qu’un bon rasage de frais. Il enfila un jeans, prit dans son armoire son plus beau tee-shirt et chaussa une paire de sandales en cuir. En passant devant le miroir de l’entrée, il ne put s’empêcher de se trouver très bien. Il était très à la mode, très mince et d’une humeur excellente. C’était pensait-il une excellente idée d’avoir changé la date de la fête de Noël.

Il sortit de sa maison. Son renne Ferdinand l’attendait depuis de longues minutes. Après une vérification sommaire de tous les paquets, l’équipage se mit en route. Le père Noël entonna son cri «  Oh, oh, oh !  » Ils arrivèrent sans encombre à la première maison de la tournée. La cheminée était toujours aussi étroite mais il s’y engouffra sans aucun effort. Il se mit bien vite à éternuer à cause de la suie restée dans le conduit et aussi de ses narines qui n’étaient plus protégées par sa moustache. Une fois dans la pièce, il resta très étonné. Rien n’était comme d’habitude. Pas de petits souliers alignés devant la cheminée, pas de sapin de Noël, pas de décoration et surtout pas de petit verre de goutte ni de morceau de bûche de Noël à son intention. La maison était déserte, comme abandonnée. «  Mais ce n’est pas possible, pensa le Père Noël, ils n’ont pas pu me faire ça ! à moi ! Ils sont partis en vacances  ». Il reprit ses cadeaux et remonta sur le toit où le renne l’attendait.

Il n’était pas en très bonne compagnie, le renne Ferdinand. Des moustiques tournaient tout autour de lui, s’arrêtant de ci, de là pour le piquer un peu. Il n’était pas de très bonne humeur et lorsque le Père Noël apparut, il se mit à se plaindre :
- » L’hiver au moins, il n’y a pas toutes ces bestioles. Regardez comme elles m’ont piqué !  » Son œil était déjà tout enflé et sa queue allait et venait en tous sens pour essayer de les chasser.

Ils firent le tour des maisons mais c’était partout la même chose. Soit, les gens étaient en vacances, soit les enfants ne dormaient pas à cause de la chaleur. Par trois fois, le Père Noël faillit être vu et même la dernière fois, les parents crurent qu’un voleur était entré dans la maison et appelèrent la police. Le Père Noël grimpa sur son chariot à roues et s’enfuit en direction de sa maison. Il allait tellement vite que les cadeaux tombèrent les uns après les autres. Furieux de cette mésaventure, le Père Noël jura qu’on ne l’y reprendrait plus.

Le soir du 24 décembre, il sortit comme d’habitude dans la nuit glacée. Il avait pris ses gants, son gros gilet, sa chemise boutonnée jusqu’au dernier bouton et son ample manteau de drap rouge. Bien qu’il fasse plus froid que d’habitude, le Père Noël n’émit aucune plainte. Le toit de la première maison était toujours aussi pointu et aussi lisse, la cheminée aussi étroite. Il eut bien des difficultés à se laisser glisser jusqu’en bas mais il y parvint. Les petits chaussons étaient alignés devant la cheminée. Un sapin magnifique éclairait la pièce et une multitude de décorations rendaient ce lieu féerique. Il y avait sur la table un petit carton avec écrit en grosses lettres dorées : «  POUR LE PERE NOËL  » et juste à côté, un belle portion de bûche de Noël et un petit verre de goutte. Il trouva également une lettre tellement gentille qu’en la lisant, il sentit les larmes lui monter aux yeux.

«  Mon cher petit papa Noël,
Je sais que je ne suis pas toujours très sage.
Je voulais te dire que tu es formidable.
Que malgré la neige et le froid tu viens toujours à la même date.
Je te fais un gros bisou.
Zoe 
« 

La remontée lui parut facile. La suie n’entra pas dans ses narines car sa moustache avait repoussé Arrivé sur le toit, Ferdinand ne le vit pas arriver. Il fixait une étoile brillante en rêvant… - » Tu sais, dit-il à son renne, c’est merveilleux un Noël en décembre.  Jamais je ne voudrais distribuer mes cadeaux à un autre moment. » Et comme pour lui dire qu’il avait raison, toutes les cloches des environs se mirent à carillonner et une étoile filante passa au-dessus de la cheminée étroite.noel171.gifnoel171.gifnoel171.gif

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CONTE DE Noël

Posté par eurekasophie le 10 décembre 2008

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                                                                                                                                     par Guy de Maupassant

    Le docteur Bonenfant cherchait dans sa mémoire, répétant à mi-voix : « Un souvenir de Noël ?… Un souvenir de Noël ?… »
    Et tout à coup, il s’écria :
    - Mais si, j’en ai un, et un bien étrange encore ; c’est une histoire fantastique. J’ai vu un miracle ! Oui, mesdames, un miracle, la nuit de Noël.
    Cela vous étonne de m’entendre parler ainsi, moi qui ne crois guère à rien. Et pourtant j’ai vu un miracle ! Je l’ai vu, fis-je, vu, de mes propres yeux vu, ce qui s’appelle vu.
    En ai-je été fort surpris ? non pas ; car si je ne crois point à vos croyances, je crois à la foi, et je sais qu’elle transporte les montagnes. Je pourrais citer bien des exemples ; mais je vous indignerais et je m’exposerais aussi à amoindrir l’effet de mon histoire.
    Je vous avouerai d’abord que si je n’ai pas été fort convaincu et converti par ce que j’ai vu, j’ai été du moins fort ému, et je vais tâcher de vous dire la chose naïvement, comme si j’avais une crédulité d’Auvergnat.
    J’étais alors médecin de campagne, habitant le bourg de Rolleville, en pleine Normandie.
    L’hiver, cette année-là, fut terrible. Dès la fin de novembre, les neiges arrivèrent après une semaine de gelées. On voyait de loin les gros nuages venir du nord ; et la blanche descente des flocons commença.
    En une nuit, toute la plaine fut ensevelie.
    Les fermes, isolées dans leurs cours carrées, derrière leurs rideaux de grands arbres poudrés de frimas, semblaient s’endormir sous l’accumulation de cette mousse épaisse et légère.
    Aucun bruit ne traversait plus la campagne immobile. Seuls les corbeaux, par bandes, décrivaient de longs festons dans le ciel, cherchant leur vie inutilement, s’abattant tous ensemble sur les champs livides et piquant la neige de leurs grands becs.
    On n’entendait rien que le glissement vague et continu de cette poussière tombant toujours.
    Cela dura huit jours pleins, puis l’avalanche s’arrêta. La terre avait sur le dos un manteau épais de cinq pieds.
    Et, pendant trois semaines ensuite, un ciel clair, comme un cristal bleu le jour, et, la nuit, tout semé d’étoiles qu’on aurait crues de givre, tant le vaste espace était rigoureux, s’étendit sur la nappe unie, dure et luisante des neiges.
    La plaine, les haies, les ormes des clôtures, tout semblait mort, tué par le froid. Ni hommes ni bêtes ne sortaient plus : seules les cheminées des chaumières en chemise blanche révélaient la vie cachée, par les minces filets de fumée qui montaient droit dans l’air glacial.
    De temps en temps on entendait craquer les arbres, comme si leurs membres de bois se fussent brisés sous l’écorce ; et, parfois, une grosse branche se détachait et tombait, l’invincible gelée pétrifiant la sève et cassant les fibres.
    Les habitations semées çà et là par les champs semblaient éloignées de cent lieues les unes des autres. On vivait comme on pouvait. Seul, j’essayais d’aller voir mes clients les plus proches, m’exposant sans cesse à rester enseveli dans quelque creux.
    Je m’aperçus bientôt qu’une terreur mystérieuse planait sur le pays. Un tel fléau, pensait-on, n’était point naturel. On prétendit qu’on entendait des voix la nuit, des sifflements aigus, des cris qui passaient.
    Ces cris et ces sifflements venaient sans aucun doute des oiseaux émigrants qui voyagent au crépuscule, et qui fuyaient en masse vers le sud. Mais allez donc faire entendre raison à des gens affolés. Une épouvante envahissait les esprits et on s’attendait à un événement extraordinaire.
    La forge du père Vatinel était située au bout du hameau d’Épivent, sur la grande route, maintenant invisible et déserte. Or, comme les gens manquaient de pain, le forgeron résolut d’aller jusqu’au village. Il resta quelques heures à causer dans les six maisons qui forment le centre du pays, prit son pain et des nouvelles, et un peu de cette peur épandue sur la campagne.
    Et il se mit en route avant la nuit.
    Tout à coup, en longeant une haie, il crut voir un oeuf dans la neige ; oui, un oeuf déposé là, tout blanc comme le reste du monde. Il se pencha, c’était un oeuf en effet. D’où venait-il ? Quelle poule avait pu sortir du poulailler et venir pondre en cet endroit ? Le forgeron s’étonna, ne comprit pas ; mais il ramassa l’oeuf et le porta à sa femme.
    « Tiens, la maîtresse, v’là un oeuf que j’ai trouvé sur la route ! »
    La femme hocha la tête :
    « Un oeuf sur la route ? Par ce temps-ci, t’es soûl, bien sûr ?
    - Mais non, la maîtresse, même qu’il était au pied d’une haie, et encore chaud, pas gelé. Le v’là, j’me l’ai mis sur l’estomac pour qui n’refroidisse pas. Tu le mangeras pour ton dîner. »
    L’oeuf fut glissé dans la marmite où mijotait la soupe, et le forgeron se mit à raconter ce qu’on disait par la contrée.
    La femme écoutait toute pâle. « Pour sûr que j’ai entendu des sifflets l’autre nuit, même qu’ils semblaient v’nir de la cheminée. »
    On se mit à table, on mangea la soupe d’abord, puis, pendant que le mari étendait du beurre sur son pain, la femme prit l’oeuf et l’examina d’un oeil méfiant.
    « Si y avait quelque chose dans c’t'oeuf ?
    - Qué que tu veux qu’y ait ?
    - J’sais ti, mé ?
    - Allons, mange-le, et fais pas la bête. »
    Elle ouvrit l’oeuf. Il était comme tous les oeufs, et bien frais.
    Elle se mit à le manger en hésitant, le goûtant, le laissant, le reprenant. Le mari disait :     « Eh bien ! qué goût qu’il a, c’t'oeuf ? »
    Elle ne répondit pas et elle acheva de l’avaler ; puis, soudain, elle planta sur son homme des yeux fixes, hagards, affolés, leva les bras, les tordit et, convulsée de la tête aux pieds, roula par terre, en poussant des cris horribles.
    Toute la nuit elle se débattit en des spasmes épouvantables, secouée de tremblements effrayants, déformée par de hideuses convulsions. Le forgeron, impuissant à la tenir, fut obligé de la lier.
    Et elle hurlait sans repos, d’une voix infatigable :
    « J’l'ai dans l’corps ! J’l'ai dans l’corps ! »
    Je fus appelé le lendemain. J’ordonnai tous les calmants connus sans obtenir le moindre résultat. Elle était folle.
    Alors, avec une incroyable rapidité, malgré l’obstacle des hautes neiges, la nouvelle, une nouvelle étrange, courut de ferme en ferme : « La femme du forgeron qu’est possédée ! » Et on venait de partout, sans oser pénétrer dans la maison ; on écoutait de loin ses cris affreux poussés d’une voix si forte qu’on ne les aurait pas crus d’une créature humaine.
    Le curé du village fut prévenu. C’était un vieux prêtre naïf. Il accourut en surplis comme pour administrer un mourant et il prononça, en étendant les mains, les formules d’exorcisme, pendant que quatre hommes maintenaient sur un lit la femme écumante et tordue.
    Mais l’esprit ne fut point chassé.
    Et la Noël arriva sans que le temps eût changé.
    La veille au matin, le prêtre vint me trouver :
    « J’ai envie, dit-il, de faire assister à l’office de cette nuit cette malheureuse. Peut-être Dieu fera-t-il un miracle en sa faveur, à l’heure même où il naquit d’une femme. »
    Je répondis au curé :
    « Je vous approuve absolument, monsieur l’abbé. Si elle a l’esprit frappé par la cérémonie (et rien n’est plus propice à l’émouvoir), elle peut être sauvée sans autre remède. »
    Le vieux prêtre murmura :
    « Vous n’êtes pas croyant, docteur, mais aidez-moi, n’est-ce pas ? Vous vous chargez de l’amener ? »
    Et je lui promis mon aide.
    Le soir vint, puis la nuit ; et la cloche de l’église se mit à sonner, jetant sa voix plaintive à travers l’espace morne, sur l’étendue blanche et glacée des neiges.
    Des êtres noirs s’en venaient lentement, par groupes, dociles au cri d’airain du clocher. La pleine lune éclairait d’une lueur vive et blafarde tout l’horizon, rendait plus visible la pâle désolation des champs.
    J’avais pris quatre hommes robustes et je me rendis à la forge.
    La possédée hurlait toujours, attachée à sa couche. On la vêtit proprement malgré sa résistance éperdue, et on l’emporta.
    Léglise était maintenant pleine de monde, illuminée et froide ; les chantres poussaient leurs notes monotones ; le serpent ronflait ; la petite sonnette de l’enfant de choeur tintait, réglant les mouvements des fidèles.
    J’enfermai la femme et ses gardiens dans la cuisine du presbytère, et j’attendis le moment que je croyais favorable.
    Je choisis l’instant qui suit la communion. Tous les paysans, hommes et femmes, avaient reçu leur Dieu pour fléchir sa rigueur. Un grand silence planait pendant que le prêtre achevait le mystère divin.
    Sur mon ordre, la porte fut ouverte et les quatre aides apportèrent la folle.
    Dès qu’elle aperçut les lumières, la foule à genoux, le choeur en feu et le tabernacle doré, elle se débattit d’une telle vigueur, qu’elle faillit nous échapper, et elle poussa des clameurs si aiguës qu’un frisson d’épouvante passa dans l’église ; toutes les têtes se relevèrent ; des gens s’enfuirent.
    Elle n’avait plus la forme d’une femme, crispée et tordue en nos mains, le visage contourné, les yeux fous.
    On la traîna jusqu’aux marches du choeur et puis on la tint fortement accroupie à terre.
    Le prêtre s’était levé ; il attendait. Dès qu’il la vit arrêtée, il prit en ses mains l’ostensoir ceint de rayons d’or, avec l’hostie blanche au milieu, et, s’avançant de quelques pas, il l’éleva de ses deux bras tendus au-dessus de sa tête, le présentant aux regards effarés de la démoniaque. .
    Elle hurlait touj ours, l’oeil fixé, tendu sur cet objet rayonnant.
    Et le prêtre demeurait tellement immobile qu’on l’aurait pris pour une statue.
    Et cela dura longtemps, longtemps.
    La femme semblait saisie de peur, fascinée ; elle contemplait fixement l’ostensoir, secouée encore de tremblements terribles, mais passagers, et criant toujours, mais d’une voix moins déchirante.
    Et cela dura encore longtemps.
    On eût dit qu’elle ne pouvait plus baisser les yeux, qu’ils étaient rivés sur l’hostie ; elle ne faisait plus que gémir ; et son corps raidi s’amollissait, s’affaissait.
    Toute la foule était prosternée, le front par terre.
    La possédée maintenant baissait rapidement les paupières, puis les relevait aussitôt, comme impuissante à supporter la vue de son Dieu. Elle s’était tue. Et puis soudain, je m’aperçus que ses yeux demeuraient clos. Elle dormait du sommeil des somnambules, hypnotisée, pardon ! vaincue par la contemplation persistante de l’ostensoir aux rayons d’or, terrassée par le Christ victorieux.
    On l’emporta, inerte, pendant que le prêtre remontait vers l’autel.
    L’assistance, bouleversée, entonna le Te Deum d’action de grâces.
    Et la femme du forgeron dormit quarante heures de suite, puis se réveilla sans aucun souvenir de la possession ni de la délivrance.
    Voilà, mesdames, le miracle que j’ai vu.
    Le docteur Bonenfant se tut, puis ajouta d’une voix contrariée : « Je n’ai pu refuser de l’attester par écrit. »

25 décembre 1882


Guy de Maupassant : Conte de Noël. Texte publié dans Le Gaulois du 25 décembre 1882, puis publié dans le recueil Clair de lune.

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LA MERE NOEL……Une plaisanterie ?

Posté par eurekasophie le 8 décembre 2008

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La mère Noël

La mère Noël ? Une plaisanterie ? Pas du tout. Il y a eu et il y a encore des régions ou des pays où la distribution des cadeaux de Noël est assurée par une femme… Sainte Catherine passe parfois en Espagne offrir des friandises. Mais les trois grandes « mères Noël » restent la tante Arie de Franche-Comté, la Befana italienne et la Babouchka russe.

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LA MERE NOEL …La tante Arie

Posté par eurekasophie le 8 décembre 2008

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La fameuse tante Arie

En Franche-Comté, ce n’était ni saint Nicolas, ni le père Fouettard, ni le père Noël qui portaient des présents aux enfants : c’était la vieille tante Arie.

La tradition populaire la décrivait comme une très vieille dame au visage resté jeune. En guise de pieds, elle avait fort curieusement des pattes d’oie. Habillée chaudement, elle faisait le tour du pays tout emmitouflée, un bâton dans une main, le licol de l’âne qui l’accompagnait dans l’autre. Un grelot autour du cou, l’âne portait sur son dos deux gros paniers chargés de tous les jouets et de toutes les friandises que la tante Arie devait distribuer. Bref, une version féminine de saint Nicolas avec son âne.

On disait qu’elle habitait une grotte en forêt, sur le Lomont, et qu’elle y entreposait des milliers de jouets pour plusieurs Noëls de suite.
Elle savait jouer aussi de mauvais tours. Par exemple, elle ne supportait pas les paresseuses qui ne savaient pas bien utiliser leur quenouille : elle leur emmêlait leurs fils, au point qu’il était conseillé de vider les fuseaux le soir de Noël pour qu’elle ne vienne pas y toucher.
En revanche, la jeune fille la plus habile du pays était censée recevoir de la tante Arie une bourse pleine d’or en guise de dot !

Personne ne connaît exactement l’origine de cette légendaire tante Arie. Certains folkloristes ont signalé qu’il pourrait s’agir de l’évocation d’une jeune fille noble de la région, Henriette d’Orbe, dont le père était mort lors d’une croisade contre les Turcs au XVe siècle.
Veuve du comte de Wurtemberg, elle administra elle-même ses terres comtoises et s’y montra si bonne avec les paysans et les pauvres qu’elle fut surnommée « la bonne comtesse » par les habitants de Montbéliard.
Elle avait fait tant de bien dans sa vie qu’après sa mort, en 1444, on lui aurait tout naturellement attribué les présents de Noël. La bonne comtesse Henriette serait ainsi devenue la tante Ariette puis, plus simplement, la tante Arie.

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LA MERE NOEL …La Befana italienne

Posté par eurekasophie le 8 décembre 2008

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La Befana italienne

En Italie, si les cadeaux sont désormais distribués à Noël, ils étaient autrefois donnés le 6 janvier, jour de la fête des Rois mages et de l’Épiphanie. On racontait aux enfants qu’ils étaient apportés par la Befana (une déformation du mot Épiphanie). Cette Befana est décrite comme une vieille femme volant sur un balai telle une sorcière, la méchanceté en moins et le sourire en plus !

La nuit du 5 au 6 janvier, elle passe dans chaque maison où se trouvent des enfants. Elle dépose dans leurs chaussettes des friandises et des cadeaux à ceux qui le méritent, du charbon à ceux qui n’ont pas été sages. De la même façon qu’on laissait un peu de nourriture pour saint Nicolas dans le Nord de l’Europe, on déposait autrefois en Italie, près de l’entrée des maisons, une mandarine ou une assiette de minestrone pour qu’elle puisse reprendre des forces.

Qui est la Befana ? La légende raconte qu’il s’agit d’une vieille femme qui aurait croisé les Rois mages chargés de cadeaux, en route vers Bethléem. Ils lui auraient proposé de les suivre, ce qu’elle aurait refusé (il lui restait des fagots à attacher)… Pour le regretter quelques heures plus tard. Elle aurait alors rempli un sac de petits gâteaux et de fruits secs et se serait mise à leur recherche. Mais elle n’aurait jamais retrouvé les Rois mages, malgré sa quête incessante (c’est pour cela qu’on la représente d’ailleurs avec des chaussures percées totalement usées). Faute d’avoir trouvé l’enfant Jésus, elle décida d’offrir alors ses présents à tous les petits qu’elle rencontrait.

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LA MERE NOEL…..La Babouchka russe

Posté par eurekasophie le 8 décembre 2008

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La Babouchka russe

La Babouchka russe ressemble presque trait pour trait à la Befana italienne.
Cette grand-mère fée aurait elle aussi croisé les Rois mages, venus en plein hiver lui demander de l’aide pour retrouver leur chemin vers Bethléem à travers la forêt. Mais il faisait si froid qu’elle se contenta de leur montrer la direction depuis le seuil de sa porte, sans oser faire un pas dans la neige.
Quelques heures plus tard, saisie de remords, elle s’emmitoufla, prit avec elle une hotte remplie de jouets et de friandises, puis partit vers le Sud pour rattraper la caravane des Rois mages. Hélas, le vent et la neige avaient effacé toutes leurs traces…
C’est pourquoi, assurent les conteurs russes, la fée Babouchka vient tous les ans à Noël distribuer des cadeaux aux enfants pour se faire pardonner. Elle y ajoute parfois un peu de pain noir, car c’est ce qu’elle avait offert aux rois Mages cette fameuse nuit, deux mille ans plus tôt…

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