LE GUI

Posté par eurekasophie le 26 septembre 2008

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Gui des feuillus
Viscum album
Histoire du Gui : UN PARASITE GUERISSEUR
Christine Barbace. Mission Agrobiosciences
« Amour, prospérité, éternité » Les symboles associés au gui feraient un bon titre pour un sitcom ! Dans le rôle principal, Viscum album : une plante parasite célèbre en cette période de fin d’année. En langue celte, son nom signifie « guérit tout », entre autre l’épilepsie et l’hypertension. Selon des recherches récentes, le gui agirait même sur le système immunitaire. Entre légende et réalité, Christine Barbace, de la Mission Agrobiosciences vous propose de faire le tour de cette boule végétale « porte bonheur ».
 

Le gui a la particularité de ne pas toucher terre. Il vous faudra donc lever la tête pour l’apercevoir dans certains fruitiers, mais aussi au faîte du peuplier, des aubépines, du sapin, du hêtre et bien sûr, du chêne. La propagation de cette plante considérée par les forestiers comme un véritable fléau est due le plus souvent aux grives et aux fauvettes à béret qui en sont friandes et qui, après digestion, répandent les graines d’arbres en arbres. Nous avons donc là un parasite ou plus exactement un hémiparasite car il produit sa chlorophylle et ses propres sucres. Mais tout de même, ça vous fatigue un arbre ! Dès que la température extérieure atteint 10°, la graine germe et se colle à l’arbre. La plante peut alors se développer grâce à son suçoir qui traverse l’écorce et atteint la sève dont elle se nourrit. Ses fruits sont ronds, blancs et visqueux, d’où son nom latin Viscum album.

Remontons d’abord jusqu’à nos ancêtres les gaulois : C’est la sixième nuit du solstice d’hiver, la première de l’année celtique, la « nuit mère ». Un druide vêtu de blanc s’enfonce dans la forêt pour y cueillir le gui sacré du chêne avec une serpe d’or. Il le reçoit dans un drap de lin d’une blancheur immaculée (car il ne doit pas toucher le sol afin de conserver ses pouvoirs) tout en prophétisant « O Ghel an Heu » – traduisez « Que le blé germe ». Quelque peu déformée, cette expression aujourd’hui désuète s’était déjà transformée au Moyen âge en « Au gui l’an neuf ». Les gaulois qui, comme chacun sait, ne craignaient qu’une seule chose, c’est que le ciel leur tombe sur la tête, attribuaient donc à cette plante, outre ses vertus médicinales, des pouvoirs magiques. Le gui chassait les mauvais esprits, purifiait les âmes, neutralisait les poisons et assurait la fécondité des troupeaux. Autre lieu, autre légende, en Scandinavie cette fois. Le démon Loki, par jalousie, tua le dieu soleil Baldut (ou Balder) lui décochant une flèche empoisonnée avec du gui. Preyla, déesse de l’amour, implora les dieux de redonner vie à Baldut, promettant alors d’embrasser quiconque passerait sous le gui. Evidemment, Baldut ressuscita. De cette légende naquit la coutume du baiser sous le gui, dès lors symbole de l’amour et du pardon. Notons au passage que Wagner aurait trouvé là une source d’inspiration pour sa célèbre « tétralogie ». On peut préférer cette version, galloise : Les trois filles du roi Gwydyr, étant promises à trois chevaliers en partance pour la guerre, se retrouvèrent sous un vieux chêne pour échanger des gages d’amour. Les plumes de paon offertes par les jeunes filles n’y suffisant pas, elles accordèrent un baiser à leurs fiancés.

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Revenons au réel. Le gui « porte bonheur » que l’on vend chaque fin d’année au cœur des cités a effectivement des vertus médicinales. En herboristerie, le gui était prescrit pour soigner l’épilepsie, les désordres nerveux et la digestion. Au 19ème siècle, il entrait dans la composition de remèdes contre la coqueluche. La viscine, substance contenue dans le fruit blanc du gui, servait autrefois à faire de la glu. Plus récemment, utilisée à faible dose, elle s’avère bénéfique contre l’hypertension et les maladies cardiaques. En revanche, utilisée à forte dose, elle peut causer des convulsions, ralentir dangereusement le rythme cardiaque, augmenter la pression artérielle et même provoquer un avortement. Cette substance ambivalente fait actuellement l’objet de recherches scientifiques. Récemment, certaines d’entre elles tendraient à prouver que le gui agirait sur le système immunitaire et parviendrait à inhiber les tumeurs cancéreuses.

Récolte

Cueillez les rameaux feuillus du gui à la fin de l’automne, avan l’apparition des baies blanches; si quelques-unes d’entre elles se sont déjà formées, retirez les soigneusement; faites sécher votre récolte à l’ombre, brisez-la en menus morceaux, et conservez-la dans un flacon de verre opaque ou une terrine.

Préparation et emploi

 

Uniquement en usage externe.

 

Infusion et décoction

de feuilles et de rameaux (rhumatismes, névrites, sciatiques): jetez une petite demi-poignée de plante sèche par litre d’eau. ( Compresses, lotions, pansements…..)

Macération

laissez reposer une nuit une tasse d’eau froide dans laquelle vous aurez jeté une cuillerée à café de gui réduit en poudre. (Usage externe.)

Vin

de gui: laissez macérer pendant 24 à 48 heures une demi-poignée de gui sec dans un litre de vin rouge. ( Usage externe)

Poudre

Une pincée pour les enfants, en cas de convulsions. (Usage externe: en application sur la colonne vertébrale, dans un peu d’eau sucrée.) 2 pincées pour les adultes (usage externe: en applications sur la poitrine, dans un peu d’eau sucrée, contre l’hypertension).

Extrait

faites infuser une poignée de gui en poudre dans un litre d’eau, pendant 6 heures; faites évaporer l’eau superflue jusqu’à obtenir un liquide sirupeux. (En applications externes, une petite pincée dans un sirop.)

Bains de mains et de pieds

comptez une poignée de plante sèche par litre d’eau. (Un bain par jour.)

Douche vaginale

(contre les hémorragies locales et les pertes blanches): comptez une dmi-poignée de plante sèche par litre d’eau.

Teinture

dans 5 parties d’alcool, mettez une partie de gui sec; laissez reposer une semaine; filtrez (10 gouttes par jour, dans une tisane de mélisse, de prêle ou de bourse à pasteur, le tout en applications externes, sur les régions douloureuses de l’organisme).

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